Droite France

Publié le par PL

Le premier tour a réuni quelque 46% de voix de gauche, en comptant large et en ajoutant l’estimation de celles passées chez François Bayrou. La France est donc à droite, elle l’a toujours été mais elle l’est de plus en plus. Et même celle qui est considérée comme la candidate de gauche, Ségolène Royal, est désignée maintenant comme centriste plutôt à droite par certains, Michel Onfray par exemple, qui du coup votera blanc pour ne pas avoir à choisir entre le « centre » et la droite...

Le peuple Français est de droite et son vieillissement inéluctable ne fait qu’amplifier le phénomène car il est plus courant en prenant de l’âge de passer de gauche à droite que le contraire – affaire de richesses cumulées et de peur d’être dépossédé vraisemblablement.

Si quelques rares fois la France bascule à gauche, ce n’est qu’accidentel, un épisode qui ne dure jamais très longtemps. Le peuple Français a sa légitime : la droite. Elle ne le traite pas toujours très bien : elle aime bien le mener avec un dédain mâtiné d’autoritarisme. Lui, le plus souvent, se laisse faire et se contente de grommeler dans la rue, jusqu’à ce qu’il craque, qu’il ne supporte plus sa férule et c’est l’accident, le petit coup de canif dans le contrat tacite entre ces deux-là. Il cède alors aux charmes de celle qui tente, si souvent en vain, de le séduire ; la gauche, c’est sa petite danseuse, celle qui lui coûte quelques fois un peu cher (pourtant combien lui coûte l’autre ?) mais qui le fait avancer, qui lui procure bien plus de joies, bien plus de plaisir – grands tabous de sa légitime. Mais une fois l’orgasme passé, il a tendance à oublier un peu vite ce qu’elle a fait pour lui, et il retourne alors vers l’autre, la grande bourgeoise, celle qui le tance, qui le regarde de haut en lui faisant les gros yeux, celle qui lui parle effort, mérite, autorité, celle qui ne lui cèdera rien mais sait pourtant se donner corps et âmes à ses riches et puissants amants.

 

Le sort de Ségolène Royal – Ségolène de gauche ou Ségolène centriste – paraît déjà joué : elle va très probablement perdre, sauf revirement exceptionnel. Ceci explique les ralliements divers à Nicolas Sarkozy : les députés UDF – mais rien d’étonnant en ce qui les concerne – et, annonce plus sûre de la victoire proche du candidat de droite, l’arrivée tonitruante de Jacques Ségala après le trouble Eric Besson.
Sarkozy va gagner. Il ne gagne pas au Loto ou au Quinté Plus, il est désigné par le peuple, qui comporte plus de petits, de sans grade, de salariés, de fonctionnaires, de retraités, de petits paysans que d’affiliés au MEDEF. La majorité est souveraine mais la majorité a-t-elle pour autant raison ? Cessons de critiquer nos dirigeants : on n’a que ceux que l’on a choisis, on n’a que ceux que l’on mérite.

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Publié dans leplec

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